2 mars 2017

Les Casseurs de bois - Interview de Francis Carin

À l'occasion de la sortie des Casseurs de bois, Francis Carin a répondu à quelques questions au sujet de cette série mythique...

 

Les Casseurs de bois ont vu le jour dans le journal de Spirou en 1979. Mais comment est né ce projet et comment vous êtes-vous lancé dans cette aventure ?

Francis Carin : Un jour, je me suis présenté chez Tintin, et le rédacteur en chef de l’époque, André-Paul Duchâteau, m’a donné un scénario de quatre planches à illustrer. Je me suis mis au travail, et je lui ai montré ; mais trop de choses n’allaient pas selon lui. Je me suis donc tourné vers Piroton, qui faisait alors une autre série, Michel et Thierry, et qui avait envie d’en faire un remake un peu plus moderne. Il m’a aidé à corriger mes planches qui ont par la suite été publiée dans le journal de Tintin. Et seulement quelques semaines après, il me recontactait en me disant « Si vous voulez faire des essais, je me lance dans une nouvelle histoire ». J’ai accepté sans hésiter ! Et c’est ainsi que je suis devenu l’assistant de Piroton pour Les Casseurs de bois.

 

Comment travailliez-vous ensemble ?

F. C. : Pendant près de deux ans, j’allais travailler chez lui trois à quatre fois par semaine. On s’imprégnait ensemble du scénario de Mitteï, autour d’une grande table, et Arthur me disait : « Vas-y ! » Je n’avais aucune structure de travail. Parfois, il encrait mes crayonnés en les corrigeant, grossissant des traits. Parfois, il me donnait ses crayonnés et je devais les encrer. C’était un peu anarchique ! Je n’y connaissais d’ailleurs rien en aviation, contrairement à Arthur, véritable passionné.

J’ai vraiment appris la BD avec lui. Car j’ai tout fait : personnages, décors, et mêmes quelques applications de couleur au crayon. C’était extrêmement formateur et riche.

 

Et quelle est l’origine du titre ?

F. C. : « Casser du bois » est une expression qui est née, il me semble, lors de la Première Guerre mondiale ou avant. Quand un avion, qui à l’époque était fait de bois, tombait, on disait qu’il cassait du bois. Ça vient tout simplement de l’aviation !

 

Pour conclure, quel souvenir gardez-vous de ces années passées à dessiner pour Les Casseurs de bois ?

F. C. : Quand on est jeune dessinateur et qu’on voit ses dessins publiés, même en tant que simple assistant, on ressent un plaisir immense. J’avais déjà fait d’autres choses, mais c’étaient mes premières histoires complètes. Et ça donne l’impression d’exister. Vraiment.


Un grand merci à Francis pour ses réponses.